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La compassion
L'être humain possède la merveilleuse
faculté d'être capable de supporter les souffrances inhérentes à la vie et de
les transformer en une immense compassion. Cette compassion se manifeste lorsque
notre cœur est ouvert et que nous lui permettons d'être sensible à la douleur
des autres. C'est un flot de bonté et d'empathie pour tous les
êtres. Pour développer la compassion, nous
pouvons effectuer une méditation sur la compassion qui consiste à souhaiter du
bien à autrui. Assis, calme, pensez à un être que vous chérissez. Imaginez-le et
ressentez de l'affection pour lui. Puis, pensez à ses souffrances. Sentez que
vous voulez son bien, que vous désirez soulager ses douleurs et lui apporter du
réconfort. Souhaitez-lui la paix, le bien-être, le bonheur et toutes les bonnes
choses que vous voulez. Dites-lui : « Puisses-tu être empli de paix,
d'amour, heureux, libre de l'ignorance et de la souffrance
» Vous pouvez faire cette méditation
pour vous-même également et vous souhaiter à vous-même la paix et le bonheur.
Par la suite vous pourrez envoyer des pensées d'amour et de compassion à
d'autres personnes de votre entourage : votre famille, vos amis, vos collègues,
vos voisins et finalement à tous les êtres. Vous serez capable de ressentir de
la tendresse pour toutes les créatures de
l'univers. L'infinie compassion est dans tous les
cœurs. Mais si notre cœur n'est pas ouvert, c'est parce que nous souffrons et
que nous ne voulons pas non plus voir la souffrance d'autrui. C'est difficile de
regarder la souffrance en face, tant en nous-mêmes que dans les autres. Nous
avons tendance à tourner le dos à la douleur, à la peine, nous ne voulons pas
voir pour ne pas
souffrir. La voie requiert d'observer notre
souffrance et celle des autres et d'ouvrir notre cœur. En général, nous
cherchons à éviter la souffrance et à résister. Mais quand on est attentif, on
se rend compte que la résistance à la douleur augmente la douleur. Par contre,
lorsque nous nous autorisons à être touchés par la douleur, nous nous ouvrons à
elle et elle s'estompe ; nous en sommes
soulagés. C'est la compassion qui peut nous
aider à supporter la souffrance et à ne pas nous sentir séparés des autres. Nous
avons tous la capacité d'aimer, d'aider, d'être compatissant. Ces qualités font
partie de nous. La véritable compassion n'exclut personne. Mais bien souvent
nous nous jugeons, nous avons de l'aversion envers nous-mêmes. Nous devons
d'abord nous pardonner nous-mêmes, être tendre avec nous-mêmes, avoir de la
compassion pour
nous-mêmes. Le dalaï-lama, qui est un exemple de
compassion, a dit «les Chinois ont commis d'atroces crimes envers mon peuple,
qui sont d'innocentes personnes, mais quand je pense à ces soldats chinois
comment puis-je ressentir autre chose que de la compassion ? L'important est de
vivre empli de
compassion» Tous les enseignements sont, d'une
certaine façon, une invitation à un changement d'identité, une ouverture
profonde de l'esprit par rapport au sens de soi étriqué, pour plus de paix, de
liberté, de bien-être, pour être en contact avec notre véritable nature ou notre
nature de
bouddha. La pratique consiste à constamment
recommencer à être dans le moment présent, à nous centrer dans la réalité du
présent, en étant tout simplement et en arrêtant de faire, d'agir, de tenter de
contrôler. Quand nous méditons, nous faisons
l'expérience de douleurs dans le corps, de l'agitation, de tensions, de la
somnolence, des émotions, de la peine que l'on porte, des souvenirs, des
projets, des rêves. Notre tâche consiste à être conscient de tout cela, à les
voir apparaître et disparaître comme les vagues de l'océan. Les peurs, les
doutes, les désirs, les pensées, s'évanouissent progressivement quand nous
sommes présents et nous pouvons alors être en contact avec qui nous sommes
véritablement. Les qualités essentielles pour cela
sont d'une part la présence, l'attention et d'autre part, l'ouverture du cœur,
l'amour, la compassion. Les difficultés de la vie, le chagrin, les déceptions,
la peur, nous ont conduit à nous fermer. La qualité qui nous permet de nous
ouvrir profondément est la compassion. La compassion est la qualité du cœur liée
à la douleur, à la souffrance. C'est la solution qui vient du cœur face à la
souffrance. Dans les enseignements du bouddha, chaque qualité a un ennemi proche
qui nous sépare de cette qualité. L'ennemi proche de l'amour bienveillant est
l'attachement. Quand nous sommes attachés à quelqu'un, nous pouvons penser que
c'est de l'amour, alors que c'est de
l'attachement. L'ennemi proche de l'équanimité est
l'indifférence. L'ennemi proche de la compassion est la pitié. Avoir pitié des
autres signifie les voir comme séparés de nous-mêmes. Les opportunités pour
avoir de la compassion sont constamment présentes. La compassion naît quand nous
nous sentons reliés les uns aux autres. Notre compassion se manifeste quand
notre attention grandit et alors nous changeons. Au lieu que ce soit « mon
corps, mes émotions, ma souffrance, ma tristesse, ma famille, mes amis, mon pays
», nous nous ouvrons et partageons la souffrance des
autres. Quand nous progressons dans la
méditation, notre conscience de la souffrance et de la beauté s’approfondit car
elles proviennent d'un cœur ouvert. La nuit de son éveil, le bouddha regarda
l'humanité et vit partout des êtres essayant d'être heureux et créant eux-mêmes,
par ignorance, les actions qui les rendent malheureux et leur apportent la
souffrance. Il sentit leur souffrance comme la sienne. Ceci est la compassion.
Il considérait tous les êtres comme ses frères et sœurs, ses pères et mères et
lorsqu'il les vit souffrir, il pleura ; il avait une compassion
infinie. Nous aussi, nous pourrons avec la
pratique être plein de compassion pour tous ceux qui ont peur, qui souffrent,
qui sont dans la confusion, qui sont malades. C'est un altruisme naturel. Mère
Térésa a dit «je ne regarde jamais l'ensemble des gens, mais chaque personne car
je ne peux aimer qu'une seule personne à la fois, je ne peux nourrir qu'une
personne à la fois, juste une personne, la personne
présente» Si nous ne pouvons offrir notre compassion à un seul être, comment pourrons-nous avoir de la compassion pour plusieurs personnes ? Commençons par une personne à la fois, par ceux qui nous sont chers et ensuite nous pourrons étendre notre compassion aux autres. L'unité existe entre tous les êtres et avec toute chose. Quand une personne évolue, le monde entier évolue. Quand une personne régresse le monde entier régresse.
La nature de bouddha est en tout être. Grâce à la méditation elle peut se manifester. Cela change notre vie et la vie du monde. C'est notre cadeau au monde.
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| LA COMPASSION DU BOUDDHA! |
| © 2008 Michele-BLANC |